Oman : Protecteur du patrimoine menacé de Syrie

Alors que la Syrie est embourbée dans une guerre sans fin, Damas a décidé d’envoyer une partie de son patrimoine culturel à Oman.

La Syrie et le petit Etat du golfe Persique ont conclu un prêt temporaire de collections de musées à des fins de conservation et de préservation, a confirmé dimanche 13 octobre le ministère omanais du Patrimoine et de la Culture.

Le but étant de permettre au gouvernement syrien de préserver les importantes ressources culturelles domestiques, largement endommagées par le travail de sape de l’Etat islamique sur le territoire. On ne compte en effet plus les pillages, destructions et autres vols orchestrés par le groupe djihadiste dans ce dossier.

Oman fidèle à sa politique de non-ingérence dans les affaires régionales.

De ce fait, Mascate, qui conserve des relations diplomatiques normales avec Damas, pourra exposer ces pièces inestimables dans son Musée National. Et cela, jusqu’à nouvel ordre, laisse entendre le communiqué. De son côté, la direction de la structure a confirmé que l’accord portait notamment sur des œuvres en provenance de Palmyre.

Comme le rappelle L’Orient le Jour, la cité antique a en effet subi par deux fois le joug de l’EI, qui ne s’est pas privé de saccager une partie des trésors archéologiques locaux classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Des événements qui se sont produits avant la reprise de la ville en 2017 par l’action couplée du régime de Bachar al-Assad et de Moscou.

Article source: https://lemonde-arabe.fr/17/10/2019/syrie-patrimoine-archeologique-partenariat-oman/

De Mascate à Rouen : le voyage du trois-mâts Shabab Oman II

De Sinbad le Marin en passant par Suleiman Al Mahri et Ahmed Ibn Majid, le sultanat d’Oman a toujours été le berceau d’une culture maritime foisonnante et audacieuse. Les omanais ont, jusqu’à aujourd’hui, conservé ces compétences maritimes qui autrefois leur ont permis de conquérir des territoires allant de Zanzibar, au large de la Tanzanie jusqu’au Balouchistan, région à cheval entre l’Iran et l’Afghanistan. Ce savoir-faire représente un des nombreux trésors que le sultanat veut partager avec les pays étrangers, et en particulier la France, qui partage cette tradition maritime millénaire.

L’Armada de Rouen, festival exceptionnel qui rassemble les plus beaux voiliers du monde, s’est déroulé du 6 au 16 juin 2019. À cette occasion, le Shabab Oman II a pu rencontrer le public français et montrer ses plus beaux atours. Le voilier, long de 86 mètres, a été mis en service en 2013. Il compte un équipage de 90 membres dont 54 permanents et 36 stagiaires. Selon son capitaine, Ali Al Hosni, « le rôle du voilier est d’entraîner les hommes et les femmes à la voile ainsi que de représenter le sultanat d’Oman dans le monde »; en effet, comme l’explique le contre-amiral Salim Al Qassmi, « Oman est le premier pays arabo-musulman à avoir accueilli des femmes stagiaires pendant 6 mois sur un navire, à savoir le Shabab Oman II.

Durant le festival, il était possible de grimper sur le voilier de 86 mètres et d’écouter les explications passionnées du capitaine, Ali Al Hosni, sur la conduite de ce trois-mâts. Profitant de leur passage dans la ville, une partie de l’équipage est aussi allée à la rencontre des enfants du CHU de Rouen afin de partager leur passion de l’aventure et de la découverte.

Un court reportage vidéo dans lequel on peut écouter le capitaine Ali Al Hosni nous expliquer sa vision du Shabab Oman II : https://www.youtube.com/watch?time_continue=248&v=TV849BjAlNY ; reportage réalisé par Dorothé Brimont de « Paris Normandie ».

Le Shabab Oman II continue désormais sa route à travers les mers du monde afin de faire connaître la culture omanaise et de transmettre son message d’Amitié et de Paix, devise du voilier. On espère que le Shabab Oman II repassera prochainement sur nos côtes françaises et on lui souhaite bon vent !

Oman – France : des échanges culturels qui remontent loin dans l’histoire

Bien que les relations entre les deux pays se soient cantonnées, au départ, à un cadre politico-économique ; force est de constater à quel point il était difficile d’en exclure la dimension culturelle. Au fur et à mesure que les échanges commerciaux s’intensifiaient ; la culture, au sens large du mot, s’y imposait, devenant avec le temps, un modèle prédominant de coopération entre l’Europe et le Golfe.

Pour bien situer les relations franco-omanaises dans leur contexte historique, il convient de souligner qu’elles remontent au milieu du XVIIe siècle, quand le port de Mascate, à l’époque le plus important dans la région du Golfe, servait d’escale à la flotte marchande venue du monde entier.

Les Archives royales d’Oman ont conservé une copie de la lettre adressée par Napoléon Bonaparte, alors commandant en chef de l’armée d’Orient, au Sultan d’Oman, Sultan ibn Ahmad, le 25 janvier 1799. Dans cette lettre, le futur empereur écrivait : « Je vous adresse cette lettre pour porter à votre connaissance une information que vous connaissez déjà peut-être, à savoir que l’armée française est arrivée en Égypte. Comme vous êtes depuis toujours notre ami, je voudrais vous confirmer notre volonté d’assurer notre protection à tous les navires omanais qui arriveront à Suez ». (Texte traduit de l’arabe).

Le 16 juin 1807, la France et Oman concluent une convention précisant les conditions d’octroi de laissez-passer des navires, les normes des échanges commerciaux et des taxes à payer dans les ports des deux pays. Elles stipulent également la restauration des relations cordiales entre les deux parties et le respect de la neutralité d’Oman dans le conflit entre la France et la Grande-Bretagne. Le 4 novembre 1844, les relations entre les deux pays franchissent un saut qualitatif avec la signature d’un Traité d’amitié et d’échange commercial.

Cette longue histoire d’échanges entre Oman et la France a pavé le chemin à une solide entente entre les deux pays depuis l’accession au trône du Sultan Qabous en 1970, qui a tissé des relations d’amitié avec tous les chefs d’État qui se sont succédés à la présidence de la République française.

Le peuple omanais, artisan et héritier d’une grande civilisation du Golfe, n’ignore rien de la place prestigieuse qu’occupe la France en Europe et dans le monde. Il connaît les rôles que la France et ses grands penseurs ont joué dans le développement de la culture occidentale, élément fondamental de la culture universelle. Cela a porté les intellectuels omanais à nourrir un grand respect et une certaine admiration pour les exploits que la France a accompli à travers l’Histoire, et ce, dans tous les domaines.

C’est en se fondant sur cette longue histoire de coopération culturelle que les deux pays ont signé en 1979 un accord de coopération culturelle et technique dans le désir « de développer leurs relations amicales et de fixer le cadre général de leur coopération dans les domaines culturel, scientifique et technique sur la base du respect mutuel et de l’égalité des droits ».

En évoquant la profondeur et l’intensité des relations culturelles bilatérales entre Oman et la France, comment ne pas souligner le fait que la France est le seul pays au monde à disposer au Sultanat d’Oman d’un musée, le musée franco-omanais (Bayt Farança) qui a vocation à approfondir les liens entre les deux populations.

Le bâtiment qui abrite ce musée, situé à proximité du palais Al-Alam à Mascate, a été offert par le Sultan Fayçal Bin Turki au premier consul de France à Mascate en 1896. 

Par ailleurs, en 2012, des médias français avaient rapporté que le Sultan Qabous Bin Saïd, le chef d’État omanais, était le plus important pourvoyeur de fonds pour la création d’un Département dédié aux Arts de l’Islam au musée du Louvre, l’un des plus prestigieux musées du monde.

Les relations entre Oman et la France, que ce soit au niveau culturel ou politique ont un avenir très prometteur. La position d’Oman en tant qu’invité d’honneur au Salon du Livre de Paris de 2019 est une nouvelle manifestation de ce futur radieux.

Article source : https://www.livreparis.com/fr/zoom-sur/oman-invite-special/relations-culturelles-france-oman/